Le mot atelier vient de l’ancien français astelier, qui désignait à l’origine l’endroit où l’on rangeait les outils (astel = petit débris de bois, outil). Très vite, le terme a évolué pour désigner le lieu de travail de l’artisan, du peintre, du sculpteur. L’atelier est donc un lieu de fabrication, de manipulation, de transformation.
Appliqué à l’écriture, l’atelier d’écriture devient un espace de création collective, de recherche et de tâtonnement, où les mots sont travaillés comme une matière première. On n’y vient pas consommer du savoir, mais produire du sens, de la forme, du style, dans un climat d’essai, d’écoute et de coopération.
En effet selon y. Reuter « L’atelier d’écriture est espace-temps institutionnel, dans lequel un groupe d’individus, sous la conduite d’un "expert", produit des textes, en réfléchissant sur les pratiques et les théories qui organisent cette production, afin de développer les compétences scripturales et métascripturales de chacun de ces membres»
L’idée de partage est donc au cœur même de l’atelier d’écriture. Loin d’être un acte isolé, écrire en atelier s’inscrit dans une dynamique collective, faite d’échanges et de circulation d’écrits, de paroles et d’expériences.
Odette et Michel Neumayer renforcent cette conception en soulignant que : « … l’idée que l’écriture n’est pas un acte solitaire, que l’atelier est un lieu d’échanges : écrire en atelier, c’est mettre en circulation des écrits, des paroles, de l’expérience. Ensuite le constat que l’écriture a un coût "symbolique" : écrire c’est donner et savoir donner, recevoir et savoir recevoir. Enfin, l’affirmation que l’écriture n’est pas une fin en soi, qu’écrire signifie explorer un rapport à la langue mais aussi à l’autre, aux autres »